Il y avait des égoïstes idiots et des bienveillants responsables

Depuis quelques mois, les populations de plusieurs pays dans le monde sont divisées. Le Québec ne fait pas exception. Depuis l’obligation du port du masque en juillet dernier, la tension s’est accentuée au sein de la population québécoise. Les insultes et les menaces sont présentes autant dans la population générale que dans les discours médiatiques et gouvernementaux.

 

Les réflexions saines, respectueuses ainsi que l’ouverture à l’autre ont perdu leur place. Pourtant, les nuances sont importantes. Je dirai même que la pensée fluide qui nous déstabilise et nous sort de notre confort est essentiel particulièrement en ces temps de crise. La population est-elle réellement divisée entre égoïstes idiots et bienveillants responsables? Entre complotistes et moutons? Et si le débat était complètement ailleurs? En soi, si personne n’avait raison ni tort, mais que nous voyions simplement la situation d’un angle différent de notre prochain.

Si tout d’abord nous nous écoutions mutuellement, sans jugement, juste dans la présence à l’autre, dans l’ouverture de ses émotions et de sa réflexion? « Il y a beaucoup plus d’intelligence dans deux cœurs qui essaient de se comprendre que dans deux intelligences qui essaient d’avoir raison », disait Thomas d’Ansembourg.

J’essayerais ici d’apporter une expérience différente de la norme actuelle dans l’objectif de peut-être, contribuer à la réflexion collective et surtout d’amener de l’ouverture face à une perspective divergente.

Actuellement, une grande partie des décisions prises pour la société reposent strictement sur la science médicale et sur notre peur de mourir ou de souffrir. En d’autres termes, ce qui est recommandé officiellement par certains experts scientifiques de la santé publique se transforme en décret par le gouvernement, sans aucune place pour d’autres perspectives.

Or, pouvons-nous considérer la Covid comme une variable isolée du monde dans lequel nous vivons tous collectivement. La santé publique domine nos vis depuis des mois alors que la vie humaine comporte multiples dimensions formant une intégralité complexe. Quand nous prenons des décisions qui ont un impact considérable tant sur le plan individuel que collectif et qui briment certains droits individuels fondamentaux, il me paraît anormal de ne pas considérer les dommages collatéraux. Les décisions prises ne devraient pas reposer que sur des recommandations de la santé publique. Une multitude de disciplines devrait être consultées : sociologie, pédiatrie, psychologie, économie, philosophie, neurologie, écologie. Toutes des branches qui n’osent à peine se prononcer en ce moment craignant d’aller à l’encontre de la suprématie, la Santé Publique!

La médecine sauve des vies au sens biologique, mais que fait-on de la vie affective et sociale, de la vie émotionnelle, de la vie spirituelle? À quoi bon s’empresser de sauver des vies alors que la vie en soi est et demeure éteinte. Qu’importe, tant que mort biologique est épargnée croyons-nous collectivement. À trop vouloir être prudent et à vivre dans une bulle de verre dans un monde aseptisé, nous nous déshumanisons individuellement et collectivement.

Si déjà la quête de Soi et le sens de la vie n’était pas au cœur des réflexions profondes dans notre société, la Covid est un catalyseur vers une valorisation du scientisme et du transhumanisme dans laquelle notre nature humaine fondamentale se perd de plus en plus.

Nous survivons dans un climat de peur pour combattre la mort. Mais la mort ne fait-elle pas partie de la vie? S’enfermer dans une bulle excessive de sécurité nous empêche-t-il de vivre? Sommes-nous déjà ce que nous redoutons et craignons, éteint et sans vie? L’équilibre entre la sécurité et la vitalité, où se situe-t-il? Une société trop sécurisée détruit la vie et sa richesse collective. La sécurité freine l’élan de vie, la créativité, les passions et l’énergie vitale. La peur de mourir n’empêche pas la mort, mais nous condamne à survivre. La vie en Soi meurt. Tel le cœur qui ne s’ouvre jamais à l’autre de manière vulnérable par peur d’être brisé; il devient impénétrable, irrécupérable, froid. On nous culpabilise avec la mort qui nous guette! Mais quand nous parlerons-nous de l’urgence de vivre pleinement le moment présent avant qu’il ne soit trop tard? Combien de moments précieux auront-nous perdu d’ici la fin de cette crise qui durera 1 an, 2 ans, 3 ans?

Actuellement, nous pouvons travailler, sortir magasiner, aller au restaurent, voir des spectacles, etc. Nous nous mettons somme toute à risque de contracter le virus, malgré toutes les mesures prises, mais nous ne pouvons toujours pas donner de câlin à nos membres familiaux les plus proches sans être perçus comme délinquants. Nous peinons à organiser des funérailles pour pouvoir dire adieu aux êtres chers qui sont décédés. Les enfants sont contraints de demeurer dans des bulles brimant leur élan de vie naturel. La surveillance accrue et la délation de notre prochain est devenue une valeur recommandée. Nous consentons à médicaliser les émotions de nos enfants en acceptant les hausses de diagnostics et de médicaments depuis le début de la pandémie. Nous avons accepté d’isoler nos ainés soi-disant pour leur bien. Combien d’entre eux ont souffert jusqu’à en mourir seul, déshydraté et sans soin? Anxiété, dépression, suicides, faillites sont en hausse depuis les derniers mois.

Notre société était déjà individualiste en manque cruel de relations humaines et nous voilà maintenant à atteindre un sommet inégalé. Dans ce paradoxe, nous affaiblissons de plus en plus notre santé physique, tout comme celle psychologique et spirituelle. Une société de surconsommation individualiste prônant la performance, la réussite professionnelle aux standards de plus en plus élevés. Depuis l’air industriel, nous somme privés de plus en plus de nos besoins fondamentaux. L’être humain est fondamentalement social et est conçu pour vivre en interdépendance avec les autres. L’être humain est fait pour que les relations humaines intimes soient au centre de nos vies. Privés de relations, notre cerveau ne croît pas, ne se nourrit pas. Il se blesse et meurt.

Tranquillement, nous avons accepté collectivement que l’industrie pharmacologique domine nos vies autant sur le plan physiques et psychologiques. Le transhumanisme et le scientisme domine de plus en plus notre monde. Dès lors, se pourrait-il que certaines personnes ne trouvent pas leur place dans une telle société où règne un monde médical absolu? Se pourrait-il que certaines personnes se sentent perdues dans une société déshumanisante qui réduit nos vies physiques et psychologiques qu’à une médecine biologique remédiable par des médicaments? Se pourrait-il que notre mode de vie contribue à nos défis physiques et psychologiques? Sommes-nous en train d’atteindre un certain paroxysme depuis la pandémie qui nous éloigne de plus en plus de notre nature humaine véritable et que pour certains, la pandémie n’est qu’un ras-le-bol de cette société aliénante? Et un catalyseur vers un changement majeur dans nos sociétés? Est-ce réellement ce que nous souhaitons, une société qui fait de la médecine la valeur souveraine à laquelle se substitut le respect, l’intégrité, la justice, la liberté et l’amour?

Alors, qui se permet de catégoriser ainsi des êtres humains entre égoïstes idiots versus bienveillants responsables? À l’inverse, entre éveilleurs de conscience et moutontruches? Ce n’est pas simple. Rien n’est tout blanc ni tout noir. Alors, bien malin celui qui pourrait nous amener une solution unique à une problématique si complexe. Actuellement et pour l’avenir, cette crise ne devrait-elle pas nous responsabilité et nous unir plutôt que de nous diviser et nous soumettre? Et puis, si ce qui anime et divise la population avait au fond, les mêmes motivations et les mêmes besoins : considération, ouverture, compréhension, considération, bien-être, respect, liberté, cohérence, et paix?

Mélanie Ouimet

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