La parentalité proximale n’est pas une forme de laxisme

La parentalité proximale n’est pas une forme de laxisme

La parentalité proximale est souvent amalgamée ou confondue avec une certaine forme de laxisme.

Le laxisme serait une forme de parentalité qui s’apparente au « laisser-aller ». Le parent devrait répondre à toutes les demandes de l’enfant et lui éviter toute forme de frustration. Un système dans lequel l’enfant n’aurait aucune limite.

La parentalité proximale signifie de répondre, autant que possible, aux besoins fondamentaux primaires des tout-petits : succion, attachement, proximité, sécurité, affection, tendresse, amour. L’enfant bénéficie d’un cadre sécuritaire et défini dans lequel il a autant de liberté que possible pour explorer, créer, bouger, toucher afin de favoriser son développement moteur, intellectuel et émotionnel. Les parents misent également sur la capacité innée des enfants à s’auto-discipliner lorsqu’ils sont considérés et respectés.

La parentalité proximale prend également en considération le développement affectif et social de l’enfant. Ainsi, il n’est aucunement suggéré que nous devons accepter tous les comportements et demandes des enfants.

Prenons cet exemple. Un enfant souhaite avoir un gâteau au chocolat pour le souper. Le parent lui refuse en lui expliquant pourquoi. L’enfant pourra exploser de colère suivant ce refus.

Un parent laxisme voudrait éviter que l’enfant fasse une crise, soit pour lui éviter une souffrance soit pour s’éviter à lui-même de faire face à la crise de l’enfant qui peut être très difficile à contenir.

À l’inverse, la parentalité proximale permet de reconnaître le sentiment de l’enfant : la frustration. La frustration n’est pas un caprice!

Les refus entrainent beaucoup de frustration, particulièrement chez le jeune enfant. Suivant son développement affectif, celui-ci est bouleversé par les contraintes et la force de sa frustration est particulièrement intense et violente. Certains gestes inacceptables peuvent également déferler. En aucun cas la violence doit être acceptée par le parent. Cependant, le parent peut arrêter doucement les gestes impulsifs de l’enfant, sans mettre d’emphase négative sur ceux-ci.

Le cerveau d’un enfant est encore immature et seul, l’enfant ne peut arriver à maîtriser sa frustration. Il a besoin de la présence sécurisante d’un adulte qui le reconnaîtra dans sa frustration et le mènera progressivement vers la tristesse, les larmes et l’acceptation, donc progressivement vers le chemin de la résilience.

Accompagner l’enfant à traverser sa frustration n’est pas de répondre à un caprice mais bien de répondre à un besoin émotionnel.

Par ailleurs, l’amalgame entre parentalité proximale et « un enfant roi » est souvent faite. Nous confondons ici également deux éléments qui sont pourtant bien différents.

Un enfant roi est un enfant qui n’a malheureusement pas connu suffisamment de frustration et de connexion bienveillante et empathique avec les adultes qui l’accompagnent. Ainsi, ce n’est pas le parentage de proximité qui crée l’enfant roi mais bien le fait d’éviter toutes frustrations à l’enfant et surtout, de ne pas être à l’écoute des véritables besoins qu’il tente d’exprimer maladroitement.

« L’amour, c’est du carburant pour nos enfants » pour reprendre la phrase culte d’Isabelle Filliozat. Nous croyons souvent que l’enfant « roi » est un enfant qui a reçu tout ce dont il avait besoin, qu’il a même été gavé d’amour puisque tous ses désirs ont été comblés. Mais, c’est une Erreur! Un enfant roi n’est pas un enfant choyé et rempli d’amour, bien au contraire.

Par ses demandes exigeantes, l’enfant « roi » exprime des manques, principalement des carences affectives.

Par exemple, lorsque ce dernier affirme qu’il veut un nouveau jouet et qu’il fait une énorme crise, bien que cela calmera la crise, lui acheter ce jouet ne va pas combler son véritable besoin cacher derrière sa demande. La racine de ses incessantes demandes est souvent le manque de relation affective. Il n’a  donc pas besoin d’une discipline plus ferme mais d’être entendu et compris. Il a besoin d’être en relation affective avec les adultes qui en prennent soin. Il a besoin d’amour… Ne mélangeons pas le besoin d’amour avec satisfaction de tous les désirs!

Tristement, nous en sommes venus à croire qu’un enfant peut devenir « gâté pourrit » si nous répondons à ses besoins affectifs. Nous ne le répèterons jamais assez, un enfant NE PEUT PAS être gavé d’amour.

 

Mélanie Ouimet