Pandémie : sortir de l’échange stérile « pour ou contre »

Pandémie : sortir de l’échange stérile « pour ou contre »

Je ne sais pas quelles stratégies auraient été préférables. Je ne suis pas dans le « pour » ou « contre » ni dans un « clan » ou « dans l’autre ». Je suis humaine et j’ai des jugements mais, j’ai toujours été dans la réflexion avec une pensée fluide qui dérange.

 

Je ne me situe pas d’un côté ni de l’autre. Je suis pour un vivre-ensemble qui ne fera violence à personne. Je cherche une autre proposition de société qui sort de nos croyances acquises limitantes. Ce n’est pas parce que nous ne savons pas faire autrement que cet autrement n’existe pas et que nous devons rester enfermés dans nos carcans sociaux, et pire, sous prétexte que « nous sommes en pandémie! ».

Ainsi, je déplore que nous n’ayons plus le droit à la réflexion et que seule la pensée unique domine. La division, l’extrémisme, la radicalisation naissent de cette pensée unique et de cette incapacité d’échanger, de débattre avec écoute et ouverture.

Je déplore que nos gouvernements optent pour des obligations plutôt que des recommandations. Pendant que nous souhaitons assurer notre sécurité, nous ne voyons pas que nous faisons violence à d’autres et pire, parfois nous trouvons que cela justifié. Je déplore que nous n’ayons pas misé sur la responsabilisation, le discernement et le gros bon sens de tout un chacun.

Je déplore les 133 millions et des poussières[1] dépensés en publicité pour maintenir un discours unique et persuasif qui maintient un climat de peur. La peur et les mécanismes de survie nous déshumanisent. Des situations que jamais nous accepterions deviennent acceptables, voire nécessaires ; des ainées isolées dans leur chambre, des personnes qui décèdent seul sans pouvoir voir leur proche, des enfants masqués, des adolescents isolés. L’isolement est une torture. Rien de justifie la violence et encore moins sous prétexte que cela ne nous tue pas. Sauf peut-être lorsque nous sommes aveuglés par la peur qui nous empêche d’être en réelle empathie et que nous avons des croyances limitantes ; « on n’a pas le choix, on est en pandémie! ».

Je déplore ces discours : « Nous devons tous faire des sacrifices! », « Des gens vont mourir si… », « Par respect pour les personnes décédés, nous devons… », « Il faut soutenir et être solidaire avec le personnel soignant! ». C’est de la violence collective, de la manipulation, de la culpabilisation. Les sanctions, les obligations, les menaces, les chasses aux sorcières, le mépris, les insultes, le rabaissement sont des formes de violence. Ce n’est pas pour notre bien. Ce n’est pas sain. Ce n’est pas de la protection. Ce n’est pas offrir de la sécurité, de la puissance et du pouvoir à la société. Je déplore que nous ne soyons pas des citoyens actifs, constructifs, soutenants, participatifs, créatifs dans cette pandémie. Je déplore que nous soyons plutôt dépréciés au statut de citoyens passifs et résignés attendant une solution miracle qui nous sauvera de cette pandémie.

Je déplore qu’on se dise que « l’augmentation des suicides chez les moins de 15 ans en 2020 soit considéré comme un moindre mal ». Au Japon, cette augmentation est de 30%[2]! Aucun jeune de moins de 15 ans n’est décédé de la Covid mais, 90 se sont enlevés la vie. En 2020, les décès par suicides au Japon dépassent ceux de la Covid, un pays qui n’avait pas connu de hausse de suicides depuis les 11 dernières années! Je déplore que nous n’ayons pas encore accès à ces données au Québec et je déplore que nous n’en fassions pas une priorité. Je déplore que les enfants soient les plus grandes victimes collatérales du Grand confinement selon l’ONU. Des millions de décès annuels supplémentaires des moins de 5 ans sont à prévoir dans les prochaines années[3]. Je déplore qu’en 2020, déjà entre 6000 et 12 000 personnes mouraient quotidiennement de faim[4] en lien avec la crise économique et sociale. Je déplore que le fossé entre privilégiés et vulnérables se creusent, encore. Mais ça, on s’en fout, tant que nous soyons tous vaccinés et que personne ne dérange notre confort lorsque nous pourrons consommer à nouveau des divertissements éphémères et que le cours normal de notre vie aura repris.

Je déplore la destruction du tissu social. Je déplore que nous soyons un contre l’autre, que nous devions choisir un ou l’autre plutôt que favoriser un vivre-ensemble qui tiennent compte des réalités de tous ; celle du personnel soignant, celle des plus démunis, celle de ceux en faillite, celle des personnes en détresse, celle des adolescents, celle des enfants, celle des personnes âgées, celle unique de tout un chacun.

Pour ma part, ce que je vis n’est pas au niveau cognitif : « il faut comprendre que ». Ce que je vis se situe dans l’empathie des différentes réalités aux plurialités infinies.

 

Mélanie Ouimet


[1] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1784934/coronavirus-sensibilisation-infection-ontario-comparaison

[2] https://www.voaafrique.com/a/le-japon-a-enregistr%C3%A9-plus-de-20-000-suicides-l-an-dernier/5747611.html

[3]https://www.un.org/sites/un2.un.org/files/policy_brief_on_covid_impact_on_children_16_april_2020.pdf

[4] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1731502/faim-alimentation-pandemie-covid-restrictions

J’étais présente à la manifestation au Stade Olympique : voici ma réflexion

J’étais présente à la manifestation au Stade Olympique : voici ma réflexion

J’étais présente à la manifestation du 1er mai au Stade Olympique. J’avais envie de me faire ma propre opinion sur cet événement. « Une manifestation calme et familiale » mentionne le SPVM et c’est exactement ce que j’ai constaté également. Une manifestation loin de la sphère conspirationniste et sectaire que l’on nous dépeint. C’était une manifestation pacifique, festive et diversifiée à tout point de vue. 

 

Dans les médias, nous pouvons lire des phrases comme celles-ci : « Ces gens ne comprennent pas qu’ils mettent la vie des autres en danger pour leur liberté! » ou « Les gens revendiquent la liberté de ne pas porter le masque, de ne pas se faire vacciner, etc., et ils ne comprennent pas que cette liberté-là empêche les autres. » Oui, c’est un point de vue assurément valable. C’est également celui qui a pris racine dans les discours initiaux de nos dirigeants et dans les recommandations de la santé public.

Un autre point de vue tout aussi valable est celui des manifestants et de tous ceux qui ne se retrouvent pas dans le discours populaire médiatique et gouvernemental.

La santé publique ce n’est pas seulement de considérer le virus de la Covid comme seule et unique variable indépendante. La santé publique peut être définie comme « l’étude, d’une part, des déterminants physiques, psychosociaux et socioculturels de la santé de la population et d’autre part des actions en vue d’améliorer la santé de la population[1] », ou comme « une activité organisée de la société visant à promouvoir, à protéger, à améliorer et, le cas échéant, à rétablir la santé de personnes, de groupes ou de la population entière[2] ». La santé publique forme un tout. C’est immensément complexe.

Immensément complexe comme la plurialités des perceptions que chaque citoyen sur cette crise sanitaire. Il serait d’ailleurs ardu et ambitieux de prétendre qu’une seule voie et une seule bonne option est possible pour amoindrir la détresse et la souffrance causées par cette crise. Comme il serait hasardeux de comparer tout ce qu’implique sur la santé d’un individu une intubation versus la souffrance psychologique engendrée par les mesures sanitaires.

Serait-ce possible que ce à quoi nous assistons aujourd’hui soit un cri du cœur de milliers de citoyens?

Depuis plus d’un an, nous consentons à médicaliser les émotions de nos enfants en acceptant les hausses de diagnostics et de médicaments. Nous acceptons la souffrance que nos choix provoquent chez notre jeunesse. Nous avons accepté d’isoler nos ainés pour leur bien. Combien d’entre eux ont souffert jusqu’à en mourir seul, déshydraté et sans soin et sans chaleur humaine? Anxiété, dépression, suicides, faillites sont en hausse fulgurante. Notre société est en souffrance.

Notre société était déjà individualiste en manque cruel de relations humaines et nous voilà maintenant à atteindre un sommet inégalé. Dans ce paradoxe, nous affaiblissons de plus en plus notre santé physique, tout comme celle psychologique et spirituelle. Une société de surconsommation individualiste prônant la performance, la réussite professionnelle aux standards de plus en plus élevés. Depuis l’air industriel, nous somme privés de plus en plus de nos besoins fondamentaux. L’être humain est fondamentalement social et est conçu pour vivre en interdépendance avec les autres. L’être humain est fait pour que les relations humaines intimes soient au centre de nos vies. Privés de relations, notre cerveau ne croît pas, ne se nourrit pas. Il se blesse et meurt.

Tranquillement, nous avons accepté collectivement que l’industrie pharmacologique domine nos vies autant sur le plan physiques et psychologiques. Le transhumanisme et le scientisme domine de plus en plus notre monde. Dès lors, se pourrait-il que certaines personnes ne trouvent pas leur place dans une telle société où règne un monde médical absolu? Se pourrait-il que certaines personnes se sentent perdues dans une société déshumanisante qui réduit nos vies physiques et psychologiques qu’à une médecine biologique remédiable par des médicaments? Se pourrait-il que notre mode de vie contribue à nos défis physiques et psychologiques? Sommes-nous en train d’atteindre un certain paroxysme depuis la pandémie qui nous éloigne de plus en plus de notre nature humaine véritable et que pour certains, la pandémie n’est qu’un ras-le-bol de cette société aliénante? Et un catalyseur vers un changement majeur dans nos sociétés?

Est-ce réellement ce que nous souhaitons, une société qui fait de la médecine la valeur souveraine à laquelle se substitut le respect, l’intégrité, la justice, la liberté et l’amour?

Moi, ce n’est pas ce que je souhaite. Et ce, même si ce maudit virus me rend craintive. Je choisi de vivre avec ce risque comme tous les autres risques que comportent le fait de vivre. Je ne nie pas le virus et ses conséquences mais, j’accepte le risque.

La division se crée seulement lorsque nous sommes dans l’impossibilité d’écouter nos divergences d’opinions et que nous sommes dans la fermeture et le jugement. Être uni, c’est d’avoir le cœur ouvert et d’accueillir ce qui vit pour l’autre sans obligatoirement être en accord. Je crois que la société grandit, évolue et devient créative en étant ouverte à la diversité.

 

Mélanie Ouimet

 


[1] Rapport sur l’Institut de santé publique du Québec (1997)

[2] Agence de la Santé Publique du Canada http://www.phac-aspc.gc.ca/ccph-cesp/glos-r-z-fra.php

Crédit photo : © AFP / ANDREJ IVANOV
En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/86229-canada-dizaines-de-milliers-personnes-manifestent-contre-mesures-sanitaires-a-montreal

Les confinements sont inefficaces et augmentent la souffrance humaine – partie 1

Les confinements sont inefficaces et augmentent la souffrance humaine – partie 1

Depuis plus d’un an, les confinements font parties des mesures sanitaires pour contrer la propagation de la Covid.

 

Les autorités nous mentionnent qu’il s’agit d’une mesure efficace et scientifiquement démontrée pour limiter, voire enrayer la propagation du virus. Depuis plusieurs mois, les discours officiels nous martèlent que les choses les plus simples et les plus élémentaires que nous pouvons faire pour épargner des vies est de garder une distance physique, de porter un masque et de rester à la maison. Cependant, les confinements sont loin de faire l’unanimité quant à leur efficacité. De plus, les conséquences sur la santé de la population sont énormes.

L’économiste canadien Douglas Ward Allen a récemment effectué une analyse portant sur les  coûts-avantages des confinements. Déjà en décembre 2020, une abondance d’études démontraient que les confinements ne limitaient pas la propagation du coronavirus[1]. Tout d’abord, l’utilisation des mesures de confinement universelles en cas d’apparition d’un nouvel agent pathogène n’a pas de précédent. Ainsi, aucune donnée scientifique appuie ces mesures ; il s’agit d’une expérimentation en temps réel.

Sur la base des études réalisées par la suite depuis le début de la pandémie actuelle, aucune relation entre les confinements et la limitation de la propagation du virus ne peut être établie. Les preuves que les confinements fonctionnent dans une population réelle n’existent pas. Les analyses et les prévisions reposent sur des modèles empiriquement non testés générées par des ordinateurs. Or, la réalité sur le terrain est tout autre que ces modélisations fictives.

Dans la réalité, nous n’avons que très peu de contrôle sur les virus. L’histoire des maladies infectieuses nous le démontre bien. Les virus suivent leur courbe normale et naturelle d’évolution. La peur et les stratégies de coercition ne sont pas des stratégies idéales pour limiter la propagation. La propagation des virus s’estompe de manière autonome après avoir atteint un sommet d’infections et ce, en dépit de toutes interventions non pharmacologiques pour freiner le nombre de cas. « L’examen des données de différents pays à travers le monde jette un lourd point d’interrogation sur la déclaration ci-dessus. Il s’avère qu’un schéma similaire – augmentation rapide des infections qui atteint un pic dans la sixième semaine et baisse à partir de la huitième semaine – est commun à tous les pays dans lesquels la maladie a été découverte, indépendamment de leurs politiques de réponse: certains ont imposé un le verrouillage immédiat qui comprenait non seulement la «distanciation sociale» et l’interdiction de la surpopulation, mais aussi le blocage de l’économie (comme Israël); certains ont  » ignoré  » l’infection et ont poursuivi une vie presque normale (comme à Taiwan, en Corée ou en Suède), et certains ont d’abord adopté une politique clémente mais ont rapidement basculé vers un verrouillage complet (comme l’Italie ou l’État de New York). Néanmoins, les données montrent des constantes de temps similaires dans tous ces pays en ce qui concerne la croissance rapide initiale et le déclin de la maladie[2]. » Également rapporté dans une étude réalisée en Europe, « L’épidémie actuelle de COVID-19 est sans précédent dans l’histoire récente, tout comme les interventions de distanciation sociale qui ont conduit à un arrêt significatif de la vie économique et sociale de tant de pays. Cependant, il existe très peu de preuves empiriques sur les mesures de distanciation sociale qui ont le plus d’impact… À partir des deux séries de modélisation, nous avons constaté que la fermeture des établissements d’enseignement, l’interdiction des rassemblements de masse et la fermeture de certaines entreprises non essentielles étaient associées à une incidence réduite pendant le séjour les commandes à domicile et la fermeture de toutes les non-entreprises n’ont été associées à aucun impact supplémentaire indépendant[3]. »

Dans cette même optique, il a été observé un nombre de cas de Covid très faible au Texas, un peu plus de trois semaines après la levée de toutes les restrictions. En effet, le 2 mars dernier, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, avait annoncé qu’il levait les restrictions gouvernementales visant à limiter la propagation du virus. Depuis, le taux de cas et d’hospitalisation le plus bas jamais observé a été enregistré[4]. Plus important encore, le Texas n’est pas le seul État Américain dans cette situation. Le Mississippi observe des données similaires. Les résidents de ces deux États ont continué de prendre des précautions raisonnables et de manières volontaires. D’ailleurs, sur une base volontaire, les résidents font preuve d’une très grande responsabilité[5].  Également, les données de la Floride qui n’a jamais adopté de mesures sanitaires drastiques portent dans le même sens; les confinements ne changent rien à la courbe naturel du virus.

Les confinements deviennent de plus en plus des doctrines, des dogmes scientifiques alors que rien n’appuie scientifiquement ces exigences sanitaires. Ces mesures sont complètement arbitraires.

Ce constat est assurément très choquant. Il est difficile d’accepter que les effets des confinements ne soient qu’illusoires. Il est également difficile d’accepter que nous ne puissions faire que très peu pour limiter les infections. Nous misons en grande partie sur ces mesures pour contrôler la propagation du virus. D’énorme sacrifices ont été demandés à la population.

Outre la littérature scientifique qui démontre que les avantages des confinements sont grandement surestimés, les conséquences collatérales sont majeures et sous-estimées. Dans la prochaine partie, il sera question des impacts négatifs colossaux graves des confinements, entre autres sur la santé physique et psychologique de la population.

 

Mélanie Ouimet

 


[1] https://www.aier.org/article/lockdowns-do-not-control-the-coronavirus-the-evidence/

[2] https://thefatemperor.com/wp-content/uploads/2020/11/6.-PREPRINT-LOCKDOWN-ADDED-LITTLE-OR-NOTHING-PROF-BEN-ISRAEL.pdf

[3] https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.01.20088260v2

[4] https://www.newsweek.com/texas-covid-cases-drop-record-low-nearly-three-weeks-after-mask-mandate-lifted-1579484

[5] https://fivethirtyeight.com/features/americans-didnt-wait-for-their-governors-to-tell-them-to-stay-home-because-of-covid-19/

Nos jeunes sont-ils réellement résilients?

Nos jeunes sont-ils réellement résilients?

Depuis le début de la pandémie, nous entendons régulièrement que les enfants et les adolescents sont résilients. Nous entendons qu’ils ont des capacités d’adaptation bien plus grandes que les adultes.

 

Lorsque nous vivions des changements qui chamboulent notre quotidien et notre mode de vie habituel, nous vivons du stress. Nos repères sont dérangés. C’est ce que nous vivons de manière intense depuis le début de la pandémie. Chez les enfants, le confinement, les bulles-classes, le lavage de mains, le masque, la distanciation, le manque de rapprochements physiques, les restrictions dans leurs loisirs sont tous des facteurs de stress quotidiens majeurs. Certains vivent avec la peur de tuer leurs grands-parents. Certains ont peur de s’approcher des autres ou d’être approchés. Certains vivent dans un milieu familial précaire. Certains vivent davantage de violence familiale. Certains vivent avec des tensions familiales accentuées. Certains se font bousculés par des adultes qui appliquent les mesures sanitaires vigoureusement ; les enfants n’ont pas beaucoup d’espace pour faire des « erreurs », des « oublis ». Ils sont rapidement recadrés, punis pour certains. Dans tout cette frénésie, qui prend soin de leur cœur?

S’il est vrai que la majorité des enfants, selon leur âge, pourront comprendre les motivations de santé publique qui poussent à instaurer de telles mesures sanitaires, la majorité d’entre eux le vivent mal. Simplement parce que cela va à l’encontre de leur développement affectif et social. Cela va au-delà de leurs capacités cognitives. Ils peuvent comprendre une consigne mais, cela ne signifie pas qu’ils peuvent l’appliquer à tout moment. Leur élan de vie reprend le dessus. Leur besoin de mouvement, leur besoin de liens, leur besoin de liberté, leur besoin d’exploration, leurs émotions ne leur permettent pas de respecter toutes ses consignes sans commettre des oublis, sans transgresser un interdit, sans éprouver des pertes et des frustrations.

Lorsque nous sommes sous stress nous agissons soit par la fuite, l’attaque ou l’immobilisation. Cette réponse physiologique à la menace est la même chez les jeunes. Cependant, ils n’ont pas encore les mots pour nous l’exprimer ni les capacités cérébrales pour y faire face seul ; ils ont besoin des adultes pour les soutenir et pour réguler leur stress. Leur stress et leurs émotions se traduisent via leurs comportements. En d’autres mots, leurs comportements sont leur langage affectif.

Nous constatons des comportements d’attaque et/ou de fuite via l’opposition, les crises, la provocation, la procrastination, les addictions. Nous le constatons également par la hausse des troubles d’apprentissage, des troubles de concentration, des troubles alimentaires, des troubles anxieux, des troubles dépressifs, de la démotivation. Ces comportements devraient être un signal d’alarme sur la détresse et la souffrance que vivent nos jeunes. C’est un signe indéniable que l’adaptation et la résilience ne se font pas. Ce sont des signaux d’alerte qui manifestent que ces mesures sanitaires ainsi que tous les bouleversements liés à la pandémie les affectent grandement.

Nos enfants ne sont pas malades. Ils n’ont pas davantage de troubles neurologiques nécessitant une médicamentation qu’avant la pandémie. Les changements majeurs liés à la pandémie combinés aux mesures sanitaires sont une source de stress. L’environnement dans lequel nos jeunes évoluent est instable et n’est pas compatible avec leur développement. Ces troubles neurologiques et ces troubles mentaux diagnostiqués sont le reflet du stress et des émotions qu’ils vivent. Il n’est pas normal de prescrire des antidépresseurs à de jeunes enfants. Il n’est pas normal de médicaliser les émotions de nos jeunes.

Par ailleurs, s’il est vrai que certains enfants semblent s’accommoder s’en se plaindre des mesures sanitaires qui leur sont imposées, il serait injuste de croire que cela provient de leur grande faculté d’adaptation et de résilience.

Dans les réactions physiologiques du stress, l’immobilisation est la réaction qui passe généralement inaperçue. Par contre, cette réaction de figement est tout autant dommageable, sinon plus, pour le cerveau des enfants. L’état d’immobilisation cause un traumatisme. Les enfants qui semblent « sages », qui écoutent sans rouspéter peuvent être figés par le stress chronique qu’ils vivent. Nous devrions prêter une attention particulière aux enfants « sages ».

Lorsque les enfants sont soumis à un stress important ou à un stress chronique, ils se coupent de leurs sensations, de leurs émotions et de leurs besoins.

Ce que nous croyons alors être de l’adaptation et de la résilience n’est qu’en réalité un mécanisme de survie de notre cerveau.

Un mécanisme qui fait en quelque sorte disjoncter les circuits cérébraux. Lorsque nous nous vivons du stress, notre organisme sécrète du cortisol. Le cerveau des enfants est encore immature et très vulnérable au stress ainsi qu’à l’augmentation de cortisol sanguin. En forte dose, des neurones peuvent être détruits et des circuits neuronaux peuvent s’abîmer. Il y a également un risque vital réel. Les enfants ne PEUVENT pas réguler leur stress seul, ils ont besoin d’un adulte pour les aider à tempérer leurs fortes émotions. Sans quoi, il y a un risque d’accident cardio-vasculaire. Pour protéger l’organisme de l’enfant, leur cerveau disjoncte : le système d’alarme continu d’être activé mais, l’enfant ne perçoit plus ses sensations et ses émotions. L’enfant ne ressent plus le stress ni ses émotions intenses car aucun signal de danger est envoyé à son cerveau. Cet état lui permet de fonctionner sensiblement normalement.

Cela n’est pas une adaptation résiliente mais, un mécanisme d’adaptation pour survivre.

Tôt ou tard, notre corps et notre cerveau reprendrons contact avec ces traumatismes et l’enfant devenu adulte devra les affronter, les vivre avec toute la souffrance et la douleur que son organisme avait anesthésiée. Ce processus est douloureux. Guérir d’un traumatisme est un long chemin et plus un traumatisme met du temps à être pris en charge, plus ardu est le parcours vers la guérison. Plus nous attendons, plus le processus de résilience est difficile à enclencher et les défis psychologiques seront plus difficile à apaiser.

La résilience n’est pas un joli mot fourre-tout permettant notre déresponsabilisation collective et individuelle. Il y a des effets pervers à toutes ses mesures sanitaires ainsi qu’à tous les sacrifices que nous demandons à nos enfants. Alors, qui s’occupe du cœur de nos jeunes?

Nous transmettons la peur dans la population. Nous semons l’angoisse et l’angoisse est un ennemi pernicieux quand il s’empare de notre cerveau. Elle nous paralyse et nous empêche de tout sens critique. L’angoisse nous empêche de toute empathie envers la violence, la maltraitance et la négligence que nous infligeons aux enfants, aux adolescents et à l’ensemble de la société.

Nous pouvons éviter cette souffrance à nos jeunes tant que nous en soyons conscients : nos enfants vivent du stress. Ils ressentent l’anxiété des parents, des enseignants. Ils vivent de l’oppression. Ils subissent des conséquences, des avertissements, des punitions quand malgré tous leurs efforts, ils ne sont pas parvenus à respecter les consignes sanitaires ; un masque oublié, une bulle classe non-respectée, un oubli de lavage de main. C’est un environnement très anxiogène. Soyons-en conscient. Ensemble prenons soin du coeur de nos jeunes. 

La résilience n’est pas possible dans un environnement anxiogène. En situation de stress, on survie. Également, le processus de résilience ne s’enclenche pas seul. Un enfant seul n’est pas résilient. Il faut des conditions favorables. Il faut de la sécurité, il faut être en lien, il faut être écouté et compris.

 

Mélanie Ouimet

Les répercussions du port du masque chez les enfants et les adolescents

Les répercussions du port du masque chez les enfants et les adolescents

Depuis le début de la pandémie, l’impact des mesures sanitaires sur les enfants inquiète plusieurs adultes.

 

Ils ont vécu l’arrêt scolaire au printemps dernier et ce, sur une longue période. Certains ne sont retournés dans leur milieu que cet automne. Ce confinement avait augmenté la détresse de plusieurs jeunes à plusieurs niveaux. Les mesures sanitaires implantées dans leur milieu scolaire comme le lavage fréquent des mains, la distanciation et les bulles sont un facteur de stress supplémentaire bien que le retour à l’école soit salvateur pour la plupart des élèves. Le port du masque sur de longues périodes s’est ajouté à ces mesures établies.

Nous n’avons aucune donnée quant aux effets des mesures sanitaires imposées chez les enfants et adolescents autant à court terme qu’à long terme. Pas plus que nous avons de données sur les répercussions du port du masque. Il n’existe aucune étude indépendante des fabricants sur l’utilisation de masques pour des enfants et adolescents qui pourraient les certifier comme produits médicaux sécuritaires.

Également, les matériaux utilisés diffèrent et aucune étude en ce sens a été réalisée sur les effets protecteurs ou néfastes sur le port du masque dans le quotidien. En soit, les décisions sont prises sans fondement scientifique probant et sans connaître les effets négatifs qui pourraient éventuellement peser plus lourd dans la balance que l’effet protecteur. Comment est-il possible de rendre obligatoire un produit sur une base médicale alors qu’aucune étude ne certifie le produit et que les effets secondaires ne sont pas connus?

D’ailleurs, nous avons appris la semaine dernière que le masque chirurgical sera maintenant obligatoire dans nos écoles secondaires mais, pas dans celles du primaire. Selon l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), ces masques auraient dû être privilégiés dès le départ. Les masques en tissus n’offrent pas la même protection ; ils sont moins étanches. L’INSPQ rappelle toutefois que le port du masque chirurgical n’est pas infaillible et recommande un éventail de mesures dont entre autres d’optimiser la ventilation dans les écoles.

À l’Université de Witten/Herdecke en Allemagne un registre[1] a été mis en place où des parents, des médecins, des pédagogues et autres pouvaient saisir leurs observations. Au total, 363 médecins ont été invités à informer les parents et enseignants de la création de ce registre ainsi qu’à faire des entrées des données. En date du 26 octobre 2020, le registre comptait 20 353 personnes et des données saisies pour un total de 25 930 jeunes entre 0 et 18 ans. La durée moyenne du port du masque était de 270 minutes par jour, soit de 4h30. Le registre est encore ouvert à cette date.

Au total, 68% parents ont observé des effets indésirables du port du masque chez leur enfant. Celles-ci comprenaient l’irritabilité (60%), les maux de tête (53%), la difficulté à se concentrer (50%), moins de bonheur (49%), la réticence à aller à l’école / à la maternelle (44%), inconfort (42%) les troubles d’apprentissage (38%) et somnolence ou fatigue (37%). Des sensations d’essoufflement, des vertiges, des pertes de conscience, de la nausée, un sentiment de faiblesse, des douleurs abdominales et une respiration accélérée ont également été rapportés chez de nombreux enfants.

Également 25,3% des enfants ont développé de nouvelles angoisses ; ils ont peur que leurs parents meurent de la Covid, ils ont peur d’être étouffés par le masque et ils ont peur pour l’avenir. Des cauchemars et des troubles anxieux ont été remarqués chez les jeunes enfants qui ont de la difficulté à reconnaître les différents visages. Dans l’ensemble, les enfants de 7 à 12 ans ont été davantage touchés par les effets négatifs du port du masque.

Cette étude démontre que le port du masque chez les enfants produits des effets indésirables importants autant sur le plan physique, psychologique que cognitif.

Au Québec, il est également important de spécifier que les éclosions survenues dans les écoles cet automne comptait majoritairement moins de 6 cas[2]. Les cas de Covid dans nos écoles demeurent majoritairement isolés. Dans 43%, l’origine est éclosions provient du personnel. La transmission dans nos écoles québécoises semble peu fréquente, bien contrôlée et les éclosions sont minimes. Bien que les exceptions existent, nous savons que les jeunes sont très faiblement à risque de complications de la Covid.

Pourrions-nous envisager de revoir l’obligation du port du masque chez nos jeunes compte tenu la méconnaissance scientifique qui entoure autant l’effet protecteur que les effets secondaires?

La qualité de vie des enfants s’est grandement détériorée au cours des derniers mois. Ce registre nous invite à nous questionner sur ce que nous souhaitons collectivement pour nos enfants. Ce que nous faisons comme choix est-il éthique? Est-ce moral? Attendons-nous d’obtenir le risque zéro pour offrir la qualité de vie optimale que mérite nos enfants? Avons-nous bien mesuré l’impact à moyen et long termes de ces effets négatifs et de cette moindre qualité de vie sur le développement de leur cerveau?

 

Mélanie Ouimet

 

[1] https://www.researchsquare.com/article/rs-124394/v1

[2] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1756604/lecons-ecole-eclosions-covid-19-etude-montreal